Article "Le Progrès" - 10/11/2010

Publié le 10 Novembre 2010

COURSE HORS STADE / CHAMPIONNATS DE FRANCE DE MARATHON

Manu David se recentre

Le marthonien d'Arinthod s'attend à une course tactique où le mental sera prépondérant dimanche / Archives Philippe Trias

Le coureur d'Arinthod ne pense plus aux Bleus et vise un podium dimanche sur la Côte d'Azur

 

L'année 2009, l'avait vu émerger puis être consacré. Sixième meilleur français du marathon de Paris, Emmanuel David avait tapé dans l'œil du staff tricolore. Sélectionné pour les Jeux de la Francophonie, le Jurassien s'était classé sixième de l'épreuve à Beyrouth. Le début d'une belle aventure en bleu espérait l'Arinthodien. Elle fut finalement de courte durée. « J'ai fait un stage après la Francophonie puis plus rien », explique-t-il sans amertume. « Je n'ai pas eu un coup de fil de l'année mais bon, je suis habitué. Il n'y a pas de problème. Aujourd'hui, le maillot bleu e st en suspend. A la fédération c'est le bazar et les minima ont augmenté ».

Alors, le marathonien s'est recentré, comptant s'appuyer sur son expérience internationale pour étoffer son palmarès. « J'ai progressé au niveau mental notamment. Je n'attends rien des autres désormais. Je suis mon plan ». Un programme qui va connaître son apothéose ce week-end entre Nice et Cannes pour les championnats de France de Marathon. LE rendez-vous de la saison qu'Emmanuel n'a toutefois pas pu préparer aussi parfaitement qu'il le souhaitait. « Je ne suis pas très satisfait en effet car j'ai ressenti une douleur au genou aux alentours du 20 octobre qui m'a obligé à m'arrêter une semaine. Je suis donc peut-être un peu moins confiant que si j'avais fait mes 8 semaines de préparation, » explique-t-il. Mais, il en faut visiblement plus pour mettre un frein aux ambitions du pensionnaire du Duc. « Je n'ai pas fait tout cela pour rien. D'un côté, je me dis que je serai plus frais. Je pars avec le dossard 3 et, au regard de ma préparation, un podiume serait très bien. »

Pour ce faire, il devra toutefois se jouer des meilleurs spécialistes trioclores tels Samir Baala et David Antoine déjà couronné au plus haut niveau national, ou bien encore Assan Lahssimi. Une mission compliquée donc pour le coureur qui s'attend à une course tactique dans le sud. « Il n'y aura pas de chronos. Les Français vont se marquer et je ne vois pas un coureur partir pour faire 2h15 et risquer d'être grillé après 32 kilomètres. Les chronos ça sera plus pour le marathon de Paris. Dimanche, ça sera avant tout une course qui se jouera au mental sur ce parcours que je ne connais pas », prévient-il conscient cependant que ce scénario pourrait bien lui sourire. « Sur le papier, j'ai ma carte à jouer. On verra au fur et à mesure de la course mais le titre n'est pas forcément inaccessible ».

Une perspective qui pourrait bien de nouveau les attirés le regard des sélectionneurs. Emmanuel préfère évacuer cette idée. « Ça sera remarqué mais ça ne permettra pas une qualification d'office chez les Bleus en vue des prochains championnats du monde en Corée. En plus, avec les naturalisations à gogo c'est encore plus compliqué... Non, si je gagne, ça m'apportera surtout personnellement. Un titre de champion de France ça pète pas mal. » Une litote.

Cyrille Seux

cseux@leprogres.fr

Rédigé par Emmanuel DAVID

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article